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05 mars 2014

la laque française: le vernis Martin

Le Musée des Arts Décoratifs présente l'exposition

Les secrets de la laque française: le vernis Martin

Jusqu'au 8 juin 2014

Les Arts Décoratifs mettent le XVIIIe siècle à l’honneur. En consacrant une grande exposition aux secrets de la laque française, le musée révèle l’engouement pour une technique qui incarne le luxe et le raffinement. Du plus imposant au plus discret, du plus somptueux au plus modeste : meubles, panneaux de boiserie, objets d’ameublement, boîtes et étuis, carrosses et traîneaux dessinent l’histoire d’une passion largement partagée par une clientèle parisienne et européenne, qui dépassa celle de la chinoiserie à laquelle cette production sacrifia.

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Boîte de toilette, Anonyme, Paris, vers 1750, Bois, laque bleue, décor
en léger relief

Collection privée, Photo : Jean Tholance

La question particulière du Vernis Martin, expression que seuls les français utilisent, pour parler de la laque, soulève de nombreuses interrogations qui trouvent ici, pour la première fois, des réponses étayées par de nombreuses études et exemples. Réalisée en collaboration avec le Lackkunst Museum de Münster en Allemagne, l’exposition, mise en scène par Philippe Pumain, réunit près de 300 objets .

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Paire de panneaux de berline, Attribuée à Guillaume ou Etienne-Simon Martin

, Paris, vers 1745

Münster, Museum für Lackkunst, Photo : Tomasz Samek

Vers la fin du XVIIe siècle, le coût de plus en plus élevé de la production de laque japonais et la qualité moindre des laques d’importation chinois, amènent les européens à vouloir s’approprier la maîtrise de cette matière.

L’étude de la laque conduit ainsi d’habiles artisans, tant en Allemagne, en Angleterre et en Hollande, qu’en France à retrouver cet aspect velouté et profond et à imiter avec talent les productions orientales. A Paris, de nombreux ateliers de peintres doreurs -vernisseurs voient ainsi le jour faubourg Saint-Antoine à proximité des ébénistes – menuisiers, les liant ainsi dès le départ au domaine du meuble.


Parmi les plus célèbres, ceux des frères Martin, rues des faubourgs Saint-Denis et Saint-Martin, dont la renommée associa le nom à leur technique, puis
à l’ensemble des laques produites en France. Ces vernis, travaillés selon le même principe de couches superposées que la laque d’Extême Orient, n’ont pourtant rien en commun avec celle-ci du point de vue de la composition chimique.

Ils sont différents selon les ateliers et leur recette est gardée secrète. C’est l’introduction de la couleur qui fait l’une des spécificités de la laque française.Les compositions de vernis permettent une plus large gamme. Désormais, se substituent aux fonds noirs et rouges, des fonds jaune, bleu, vert, blanc ou or.

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Commode de Madame Adélaïde, Gilles Joubert et Etienne-Simon Martin

, Paris, 1755

 Musée national du château de Versailles et des Trianons
 

© château de Versailles / Christophe Fouin

En faisant ainsi évoluer la technique, les peintres vernisseurs, sous l’impulsion des marchands merciers répondent aux goûts des clients. L’iconographie s’éloigne peu à peu des scènes et paysages asiatiques pour intégrer, assimiler l’art des peintres d’alors.Les oeuvres de Greuze, Boucher, Oudry ou Vernet sont les principales sources d’inspiration et recouvrent une typologie extrêmement variée d’objets.

Le vernis Martin sublime ainsi tout type de supports (bois, métal, argent, céramique, tôle…) et s’applique à toutes les formes, du plus petit objet au plus grand, de la navette ou bobine de fil aux pièces imposantes de mobilier, du panneau à la théière en passant par les horloges, boîtes ou étuis. Les intérieurs des grandes demeures s’en remplissent, faisant du vernis Martin un témoin de l’art de vivre du XVIIIe siècle français.

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Toilette car­rée en tom­beau, ano­nyme, France, vers 1720.

Münster, Museum für Lackkunst © DR

Ce siècle des lumières qui aime autant l’art que les sciences, produit de nombreux instruments de mesure et de musique qui passent également entre les mains des vernisseurs. Mais la production atteint les sommets du raffinement à travers les décors qui parent les carrosses et les berlines, recherchés par toutes les cours d’Europe. Paris dénombre pas moins de 200 ateliers spécialisés dans la production d’attelages.

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Traineau aux patineurs, Anonyme, Paris, vers 1770.

Versailles, Musée national du château de Versailles et des Trianons

© château de Versailles / Gérard Blot

L’exposition présente les différentes étapes qui ont conduit les frères Martin et leurs confrères parisiens à élaborer les techniques. Quelques oeuvres introduisent le visiteur dans l’univers des laques asiatiques afin d’évoquer leur exportation vers l’Europe et la fascination qu’elles ont suscité. Les autres constituent les jalons de cette étonnante quête, partie de l’imitation jusqu’à son émancipation.

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Tabatière, Paris, 1744–1750

Münster, Museum für Lackkunst

Curieux paradoxe que cette technique, célébrée par Voltaire, vilipendée par Mirabeau, pour laquelle, si l’on en connaît bien les protagonistes, les quatre frères Martin, on ne peut attribuer avec certitude les oeuvres produites par leurs ateliers !

 

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Cassolette en tôle, Manufacture de la veuve Gosse et Samousseau

, Paris, vers 1770 -1780.

Musée des Arts décoratifs, Photo : Jean Tholance

En effet, les Martin, tout comme leurs confrères peintres doreurs-vernisseurs, ne signaient ni ne marquaient leur production. C’est donc un défi que se lancent le Lackkunst Museum de Münster et le musée des Arts décoratifs à Paris en rassemblant pour la première fois un choix d’oeuvres significatives et représentatives de ce qui fut la production des peintres vernisseurs parisiens.

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L'année Diane de Poitiers au château d'Ancy-le-franc

Ce joyau de la Renaissance en Bourgogne abrite d’exceptionnelles peintures murales des XVIe et XVIIe siècles. Parmi les plus belles pièces du château, la chambre de Diane de Poitiers et ses 10 panneaux muraux viennent d’être restaurés. Réouverture le 29 mars 2014. À cette occasion les visiteurs pourront découvrir une partie du rez-de-chaussée fermée depuis plus de 14 ans.

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L'histoire du château d'Ancy-le-Franc

Représentatif de l'art de vivre de la Renaissance, le Château d'Ancy-le-Franc est, de part une composition profondément originale dans sa simplicité, sans exemple en Italie comme en France.

Héritier des terres d'Ancy-le-Franc au décès de sa mère, Anne de Husson, Comtesse de Tonnerre, Antoine III de Clermont décida d'y faire construire un château sur un terrain vierge qui permettait la réalisation exemplaire de ses goûts, sans le souci de s'accommoder d'une construction plus ancienne.

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Chambre des fleurs

C'est donc de la rencontre, à la cour de François Ier, de ce grand Seigneur, Lieutenant Général du Dauphiné, Grand Maître des Eaux et Forêts et de surcroit beau-frère de Diane de Poitiers, avec un architecte transalpin de renom Sébastiano Serlo qu'est né le Château Ancy-le-Franc. Commencé en 1542, la construction fut probablement achevée en 1550. La régularité parfaite préside à l'organisation des volumes et des façades. Quatre corps de logis dessinent un carré parfait flanqué aux angles de pavillons quadrangulaires.

L'intérieur renferme une série remarquable de peintures murales (sur enduit). Outre le château, le domaine comprend de vastes écuries, une ferme sur cour, diverses constructions dont la " FOLIE " réalisée en 1761 et située au milieu de l'étang, côté Sud.

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Galerie de Pharsale

Propriété des Clermont-Tonnerre jusqu'en 1683, le château devient à cette date propriété du François-Michel Le Tellier, Marquis de Louvois, célèbre Ministre de Louis XIV. Ses héritiers seront contraints de s'en séparer en 1844, au profit de Gaspard-Louis-Aimé de Clermont-Tonnerre, descendant d'Antoine III de Clermont. Après avoir appartenu aux princes de Mérode puis à divers propriétaires, le château est aujourd'hui la propriété de la société Paris Investir SAS dont l'esprit est d'en assurer la complète restauration.

 

Les décors

Le Château d’Ancy-le Franc abrite l’une des plus belles collections de peintures murales des XVIe et XVIIe siècles en France.Ces décors peints constituent l’un des témoignages les plus importants de la peinture murale en France dans la seconde moitié du XVIe siècle et au début du XVIIe.

Une première campagne de décoration a été commandée vers 1550 par le commanditaire du château Antoine III de Clermont (1497-1579). De grands artistes Italiens de l’Ecole de Fontainebleau viendront décorer les appartements du Grand Seigneur en terre Bourguignonne. Attributions au Primatice, Nicolo dell’Abate, Ruggiero de Ruggieri...

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La chambre de Diane

Un décor peint sur le thème de l’Antiquité Rarement autant de scènes antiquisantes et de  grotesques italiennes ont été commandés pour une demeure privée à l’époque. Ces thèmes seront récurrents en France seulement à partir du XVIIe siècle.

Une deuxième campagne de décoration commence vers 1590 à l’initiative du successeur et petit-fils Charles-Henry de Clermont-Tonnerre (1571-1640). Ces décors furent, pour un certain nombre, marqués sur le plan stylistique par les peintres appartenant à la seconde école de Fontainebleau. Attributions au, Philippe Quantin, André Ménassier...

D’autres décors peints se sont ajoutés à travers les siècles. Une campagne de décoration a été réalisée notamment au XIXème siècle par la famille Clermont-Tonnerre.

 

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18 janvier 2014

Les serres, le génie architectural au service des plantes

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Les Serres, Le génie architectural au service des plantes,

Auteur : Yves-Marie Allain, Lucile Allorge, Yves Delange & Françoise-Hélène Jourda
Photographies - Illustrations : Adrien Buchet

Editeur. Actes Sud

 

 

 

Les serres fascinent et questionnent. En tant qu’outils de production, elles font intrinsèquement partie de nos paysages agricoles au point d’être devenues si communes que nous ne les voyons plus. En ville en revanche, en tant que lieu de science, de préservation et de conservation, les serres botaniques continuent de témoigner d’une histoire scientifique, culturelle et architecturale incroyable. À ce titre, elles font partie des lieux les plus visités de nos capitales européennes. Pour autant, l’histoire de ces serres ne nous est pas familière.

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Serre aux palmiers de Kew Gardens

(c) Adrien Buchet

Pour la première fois, un ouvrage d’art se propose de rassembler parmi les vingt-cinq serres les plus prestigieuses d’Europe, présentant chacune d’elles dans toute sa beauté et son originalité architecturale. Adrien Buchet, photographe d’architecture, nous emmène ainsi à la découverte d’un univers féerique, au service des plantes et des hommes.

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Serre aux palmiers de Belfast

(c) Adrien Buchet

Reflet de quatre siècles de découvertes botaniques, agroalimentaires et scientifiques mais aussi d’innovations architecturales majeures, ce parcours en images est accompagné de quatre textes d’éminents spécialistes, explicitant le rôle des serres à travers notre histoire. Yves-Marie Alain, ingénieur horticole et ancien directeur du Jardin des plantes de Paris retrace un historique inédit des serres européennes, depuis leur apparition, au XVIe siècle jusqu’à nos jours.

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Eden Project

(c) Adrien Buchet

Lucile Allorge, botaniste de renom, met quant à elle l’accent sur le lien intrinsèque entre plantes, botanique, innovations scientifiques et création des serres. Yves Delange, Maître de Conférences honoraire au Muséum national d'histoire naturelle et ancien conservateur des Serres abritant les collections tropicales de cet établissement, explique la nécessaire diversité des types de serre et souligne l'importance d'une étroite collaboration entre architectes concepteurs de serres, scientifiques et praticiens utilisateurs. Enfin, Françoise Hélène Jourda, architecte, nous fait découvrir les rouages de la serre contemporaine en tant que ressource indispensable pour penser la ville de demain.

Ce livre de référence démontre ainsi le rôle essentiel qu’ont joué et que jouent les serres aujourd’hui dans notre relation aux plantes, au savoir et à la biodiversité.

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17 janvier 2014

la lumière de l'Antique au Musée Rodin

Le Musée Rodin, rue de Varenne 75007 Paris présente l'exposition

Rodin, La lumière de l'Antique

Jusqu'au 16 février 2014

L’Antiquité traversa la vie de Rodin, des années de jeunesse jusqu’à sa mort, telle une leçon, éclairant sans cesse son œuvre d’un jour nouveau. Tout d’abord objet de copie, puis dans l’ombre de Michel-Ange, l’antique finit par incarner la part lumineuse et heureuse de l’œuvre du sculpteur et devint le symbole de la nature et de la vie qu’il cherchait à saisir dans sa sculpture et son dessin. Rodin admira avec une ferveur grandissante les modèles de l’Antiquité qui apparurent de manière de plus en plus subtile, presque invisible, dans ses recherches des dernières années.

 

Son bonheur fut alors de vivre à la Villa des Brillants, à Meudon, puis à l’hôtel Biron, entouré d’une collection de plus de six mille antiques. Il acheta auprès des antiquaires parisiens, entre 1893 et 1917, des centaines de fragments grecs, hellénistiques, étrusques ou romains, en marbre et en bronze, ainsi que des vases et autres figurines en terre cuite.

« L’antique est ma jeunesse » déclarait Rodin, signifiant par là même que sa passion pour l’antique était une grande source d’inspiration. Cette exposition propose un dialogue passionnant entre les antiques de sa propre collection, ceux venus de prêts extérieurs et les oeuvres du grand artiste.

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Rodin au milieu de ses antiques vers 1910,

© Musée Rodin. Photo : A. Harlingue

Vers L’Homme qui marche ou la recherche sur le corps masculin

C’est en regardant quelques célèbres modèles de l’Antiquité et de la Renaissance que Rodin explore la représentation du corps masculin. Dans le musée imaginaire de l’artiste, le sculpteur grec Phidias rivalise avec Michel-Ange. Rodin emprunte tout d’abord la composition de l’antique Torse du Belvédère pour réaliser sa statue du Penseur. Il en retient aussi la leçon du fragment, aussi fort et complet que la figure entière, qu’il illustre dans ses œuvres partielles, le Torse de l’Étude de Saint Jean-Baptiste puis L’Homme qui marche.

"Voici des statues abîmées, trouvées dans des ruines ; et parce qu’elles sont incomplètes, ne sont-elles plus des chefs-d’œuvre." écrivit l’artiste en 1907. Cette vision du corps dans son inachevé apparaît sous la forme des multiples fragments de pieds, de bras et de jambes qui composent la collection d’antiques du sculpteur.

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Auguste Rodin, L'Homme qui marche, 1907, Bronze,

 © Musée Rodin. Photo : Christian Baraja

La Naissance de Vénus ou l’expression de la figure féminine

A partir des années 1890, Rodin œuvre à faire émerger sa nouvelle Vénus, à travers plusieurs représentations féminines, toutes saisies dans l’atelier, d’après le modèle vivant. Mais le sculpteur n’ignore rien des modèles antiques. Après s’être inspiré du type de la Vénus accroupie, qui imprègne ses figures féminines des années 1880, il se tourne vers la Vénus de Milo qui impose sa présence, en filigrane, dans les années 1890-1900, à travers la Méditation puis la Muse Whistler.

L’antique Vénus d’Esquilin incarne la quête de plénitude que l’on retrouve dans les œuvres tardives de l’artiste, comme l’Aphrodite, le Torse de jeune femme cambrée ou la Prière. En parallèle, Rodin n’amasse pas moins d’une centaine de fragments de Vénus romaines, qui constitue un vaste répertoire de formes et de drapés.

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 L’art des métamorphoses, “ Fleurs dans un vase ”

Dès les années 1895, Rodin pratique l’assemblage des vases antiques de sa collection avec ses propres figures en plâtre. L’objet du passé change de statut pour se confondre avec l’œuvre, réunis tous deux dans un même espace-temps. Le matériau antique en terre cuite, ou sa reproduction en plâtre, accueille dans sa forme des figures de Rodin pré-existantes, pour la plupart issues de la Porte de l’Enfer, telles des "fleurs dans un vase" (selon l’expression de Rainer Maria Rilke).

Ces maquettes peuvent être ensuite traduites en marbre ou en bronze. Autour d’un vase de Canosa, que Rodin admire au musée du Louvre, sont exposés des vases antiques de sa collection, où la figure humaine entre dans la composition du vase et sert d’anse, de panse, de contenant ou de support, comme dans les assemblages de l’artiste.

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Auguste Rodin, Assemblage : torse féminin agenouillé
dans une coupe : deuxième quart du vie s. av. J.‑C. ;
, Asie mineure, plâtre et terre cuite.

 L’art des métamorphoses, l’hybride

Rodin est un lecteur assidu de la littérature antique, en particulier d’Ovide et d’Apulée. Il y puise tout d’abord l’esprit même de ses sculptures, nées sous le signe de la métamorphose et autrement appelées "assemblages". Il réinterprète avec de plus en plus de liberté et de distance les grands récits de l’Antiquité : "La mythologie, elle-aussi, n'existe qu'en tant que gardienne des souffrances éternelles, des joies éternelles qui doivent être recréées à chaque fois par l'artiste..."

Le sculpteur se passionne pour l’étrangeté du fragment antique, dont les cassures sont créatrices de "monstres" ainsi que pour la mythologie de l’hybride qui parcourt autant son œuvre que sa collection.

 Le dessin de Rodin et l’art de l’Antiquité

Le dessin est tout d’abord pour le jeune Rodin le médium de la copie, plus ou moins fidèle, des plus célèbres statues de l’Antiquité. Le musée du Louvre ou les recueils de gravures de la Bibliothèque impériale sont ses premières sources d’inspiration. Dès son voyage en Italie, à l’hiver 1875-1876, devant les chefs-d’œuvre de Michel-Ange et de l’Antique, son trait se fait plus libre vis-à-vis du sujet.

Sur les dessins plus tardifs, peu avant 1900, l’Antiquité n’est déjà plus un sujet en soi mais réapparaît, sous forme d’annotations à caractère mythologique, pour qualifier l’attitude d’un personnage, saisi d’après modèle vivant, dans le secret de l’atelier. Ses modèles à demi-drapés ainsi que l’érotisme des figures, renvoient encore à l’art de l’Antiquité.

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Auguste Rodin, Minerve sans casque, vers 1896, Marbre,

 © National Gallery of Victoria, Melbourne

Dans le sentiment antique

C’est dans l’art du portrait - art du fragment par excellence - que Rodin exprime avec le plus de vigueur son rapport à l’antique. Il puise dans la nature même de son modèle, les sentiments d’intériorité, de repli sur soi et de méditation qu’il prête à l’art gréco-romain. A partir du portrait de Mrs Marianna Russell, dont le caractère antique l’a frappé, Rodin dérive vers des versions mythologiques, coiffées d’attributs iconographiques, Pallas au Parthénon ou Bacchus indien.

La tête de Minerve sans casque, enfin débarrasée de tout accessoire, apparaît, en miroir de la Tête Warren, comme un fragment antique. Les graves portraits romains de la collection du sculpteur interrogent a posteriori les recherches de l’artiste sur un de ses premiers bustes, L’Homme au nez cassé.

Un diaporama présente au public, à travers un choix de photographies anciennes issues des collections du musée, la collection d’antiques dans les lieux de l’artiste ainsi que les pages d’albums de son musée imaginaire.

L’exposition a bénéficié de prêts exceptionnels de la NationalGallery of Victoria de Melbourne, du Museum of Fine arts de Boston, du Walker Art Gallery de Liverpool, du Victoria and Albert Museum de Londres, du musée d’art et d’histoire de Genève, du musée des Beaux-arts de Marseille, du musée des Moulages de Montpellier, et, à Paris, de la Bibliothèque Nationale de France, de l’École nationale supérieure des Beaux-arts, du musée du Louvre et du musée du Petit Palais.

 

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Exposition cartier à Paris

Le Grand Palais présente l'exposition

Cartier: Le Style et l’Histoire

jusqu'au 16 février 2014

Éclipsée peut-être par la célébrité du nom et l’éclat des diamants, l’histoire complexe et foisonnante de la grande maison de joaillerie demeure peu connue. Cartier a pourtant joué un rôle très important dans l’histoire des arts décoratifs. Ses créations, du classicisme du « joaillier des rois » aux inventions radicales du style moderne, entre géométrie et exotisme, offrent un témoignage passionnant sur l’évolution du goût et des codes sociaux. Joaillerie, horlogerie, objets aussi pratiques que raffinés : Cartier a séduit les personnalités les plus élégantes du XXe siècle.


"Cartier, le Style et l'Histoire" : l'exposition par Rmn-Grand_Palais

Cartier. Le style et l’histoire : l’exposition est pensée et conçue comme une exposition d’histoire de l’art. OEuvres d’art à part entière, les créations de la maison de joaillerie sont montrées dans le contexte de l’évolution des usages et des styles. Depuis sa fondation en 1847 jusqu’au cours des années 1970, l’histoire de la maison Cartier offre l’occasion de découvrir un laboratoire de formes et de rentrer dans l’intimité d’une société raffinée qui utilise le bijou et l’accessoire pour leur beauté intrinsèque mais aussi pour leur fonction sociale.

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Diadème, Cartier Paris, 1914,

Photo : V. Wulveryck, Collection Cartier

© Cartier

Les quelque 600 bijoux, pièces de joaillerie, objets, montres et pendules, sont donc accompagnés de témoins de la vie artistique et du goût de leur temps : des robes et autres accessoires, des photographies publicitaires, des gravures, des revues de mode. En convoquant les sources nourrissant chaque étape marquante de l’histoire de la maison, cette exposition ambitionne de mettre en perspective les choix stylistiques de Cartier.

Près de trois cents dessins préparatoires, ainsi que de nombreux documents d’archives complémentaires (registres de stocks, cahiers d’idées, dessins relatifs à la boutique rue de la Paix, photographies, plâtres…) achèvent d’enrichir le propos, illustrant les coulisses de la création.

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Commande de Sir Bhupindar Singh (1928), maharajah de Patiala.

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Cette exposition, la plus importante jamais consacrée à la maison Cartier, ne néglige aucune des activités qui firent sa réputation, présentant toutes les typologies d’objets réalisés, depuis les bijoux d’apparat jusqu’aux pièces plus intimes, en passant par le nécessaire féminin, la boîte à cigarettes ou la montre-bracelet, trois emblèmes de la modernité.

Tout au long du parcours sont mises à l’honneur des pièces-phares dans l’histoire de Cartier, au premier rang desquels une série de diadèmes somptueux, illustrations de la virtuosité des ateliers et des ambitions d’une certaine clientèle. Soulignant l’importance de l’horlogerie dans l’identité de Cartier, l’exposition regroupe également un nombre inédit de pendules mystérieuses, ensemble spectaculaire de dix-huit pièces qui sont autant de chefs-d’oeuvre de raffinement et de savoir-faire.

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Collier Crocodiles orné de milliers de diamants, rubis et émeraudes

(c) Vincent-Wulveryck, Cartier

Les pièces présentées sont essentiellement conservées au sein de la collection Cartier, ensemble auquel il faut ajouter une cinquantaine de prêts complémentaires, provenant d’institutions publiques (Musée des Arts décoratifs, Musée Galliera, Bibliothèque nationale de France – Bibliothèque-musée
de l’Opéra, Bibliothèque des Arts décoratifs…) ou collections particulières.

Un ensemble prestigieux d’une vingtaine de pièces, officielles pour certaines et intimes pour d’autres, provenant de la collection princière de Monaco permettra notamment d’évoquer le goût raffiné de Grace de Monaco, tandis que le visiteur découvrira la personnalité hors du commun de Marjorie Merriweather Post, héritière d’un grand empire céréalier, grande collectionneuse d’art russe et français, cliente la plus assidue de Cartier New York, et ce grâce au soutien tout à fait exceptionnel de la fondation installée dans sa dernière demeure à Washington, Hillwood Foundation.


Cartier au Grand Palais : la bande annonce par Rmn-Grand_Palais

L’exposition est ainsi rythmée par l’évocation de personnages emblématiques de l’histoire de la maison Cartier : grandes clientes, actrices ou héritières (Barbara Hutton, Marlene Dietrich, Liz Taylor, Maria Félix…), maharadjahs de ces Indes alors rêvées et désormais moins lointaines, ou encore « trendsetters » de différentes époques dont le souvenir est plus ou moins passé à la postérité (Daisy Fellowes, Mona Bismarck, la Duchesse de Windsor…).

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Première exposition organisée dans le cadre prestigieux et récemment restauré du Salon d’Honneur, Cartier. Le style et l’histoire trouve dans cet espace monumental un écrin idéal, magnifié par une scénographie faisant la part belle à la poésie. Bien loin de l’apparence d’une boutique de joaillerie, le parcours se déroule tel une véritable histoire avec des étapes et des atmosphères bien différenciées, rendant tangible le double enjeu de l’exposition : laisser parler la magie des objets tout en donnant au visiteur suffisamment de clés pour comprendre cette histoire foisonnante.

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