Regard d'antiquaire

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25 juillet 2012

Les décorations murales en faïence de Sarreguemines

La réputation de la faïence XIXeme de sarreguemines n'est plus à faire. En deux siècles, la petite industrie familiale née à la Révolution a fait du chemin. De nombreux amateurs de ces pièces gaies et colorées sont disséminés un peu partout dans le monde.

Paul Utzschneider et Paul de Geiger, véritables hommes-orchestre, ont propulsé la petite ville au tout premier rang de l'industrie faïencière: dès le 19ème siècle, Sarreguemines propose dans le monde entier une vaste collection de faïences: vases, cache-pot, cheminées et de sublimes fresques murales en faïence d'ornemention appelées "Majolique".

Jardin d'hiver, Musée de la faïence de Sarreguemines

Ces grands panneaux décoratifs en faïence art nouveau  ou "Jugendstil"  sont de véritables tableaux qui représentent des scènes, des paysages, des perspectives avec les architectures, ou des compositions florales. Ils sont souvent signés.

A la fin du XIXème siècle, les rues et les intérieurs de maisons étaient peuplés de revêtements multicolores en céramique. Ce nouvel engouement sera l'occasion pour les céramistes et faïenciers d'exprimer leur savoir faire dans la réalisation des plus beaux panneaux .

Panneau décoratif,  faïence XIXème Sarreguemines

(c) Marc Maison

C'est ainsi qu'à Sarreguemines, la production de fresques semble avoir débuté dans les années 1880, ne prenant toutefois une réelle importance qu'a partir de 1890. Pour ses créations, la faïencerie fait parfois appel à des artistes de renom, Alexandre Sandier, Carl Schüller, Simas, reprennent souvent les thèmes chers à l’Art nouveau naissant : la flore, la femme, les décors japonisants.

 

A paris, de nombreux lieux conserve encore de somptueux décors en faïence de Sarreguemines. Ces tableaux de céramique ont été installés pour la plupart entre 1875 et 1920. Ainsi, de riche ensembles ornent par exemple la salle de billard de l'Olympia, la salle de restaurant de la brasserie Mollard ou sont créer des pièces uniques ayant  pour thème la vie autour de la gares Saint-Lazare. Sarreguemines a su adapter ses productions aux goûts du jour. C'est ainsi que la vogue des stations balnéaires, à partir de décennie 1880, donna lieu à une importante production de motifs marins.

L'appellation "majolique", employée à Sarreguemines pour désigner toute une partie de la production de céramique, a de quoi surprendre, de prime abord... En effet, d'habitude en France, le terme s'applique plus particulièrement aux céramiques italiennes de la Renaissance. A Sarreguemines, le terme est pris dans le sens de: céramique réalisée dans le style des oeuvres de la Renaissance et plus particulièrement dans la manière de Bernard Palissy, célèbre faïencier du XVIème siècle.

La manufacture de Sarreguemines met en oeuvre des procédés industriels utilisant la technique de façonnage à partir d'une pâte sèche en faïence fine comprimée dans une presse à carreaux. Ensuite, ses émaux plombifères sont appliquer sur les carreaux pour créer les décors. Ils sont colorés dans la masse, avec l'intermédiaire de fondants, par des oxydes métalliques, chacun d'eux correspondant à une couleur: bleu cobalt, violet de manganèse, vert de cuivre, jaune d'antimoine, rouge, qui sont les teintes habituelles de grand feu; ceci sans exclure une palette plus étendue de petit feu, avec par exemple, le rosé à base de chlorure d'or, ou pourpre de Cassius. Ces émaux sont transparents; il ne faut pas les confondre avec les émaux stannifères, qui sont par définition opaques. Cependant, dans la majolique de Sarreguemines, on trouve aussi des parties blanches qui sont peinte d'émaux stannifères opaques à base d'étain.

 

Fresque art nouveau en faience de sarreguemines,

 brasserie Mollard

Les émaux sont en relief; ils sont séparés par des boudins de pâte, posés au tube, et qui forment des sortes de cloisons délimitant les parties décoratives ou sont coulés les différents émaux. L'émail se trouve légèrement en contrebas par rapport à la cloison. Ici, deux techniques de peinture sont utilisées conjointement: l'utilisation d'un cerne noir qui cloisonnent les teintes différentes, et le dégradé de couleur qui à l'intérieur  permet de donner une impression de relief au motifs traité.

Posté par regardantiquaire à 15:05 - Permalien [#]
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